Concours Une centaine de musiciens de 8 à 18 ans, aux Catherinettes Le beau son du basson


Dix élèves de la classe de basson du conservatoire de Colmar participent à l’audition nationale. Photo DNA - Nicolas Pinot

Le basson est un instrument qui a de la conversation. C’est peut-être pour cela qu’il plaît aux nouvelles générations. Une centaine de jeunes bassonistes de toute la France sont en concours aux Catherinettes à Colmar, jusqu’à dimanche.

« Même pas le trac ! » Grégoire, 11 ans, est venu avec ses parents de Rouen. C’est son premier concours. Il a commencé le basson à six ans, après l’avoir découvert dans un cours d’éveil musical. « Les professeurs nous ont présenté plusieurs instruments. J’ai essayé le basson, j’ai trouvé que ça avait un beau son, qui se rapproche du hautbois, mais plus grave », raconte l’adolescent. « Le plus difficile au début, c’est d’attraper les touches qui sont en bas ».

Le basson, un instrument rare ? De moins en moins. Mais ses classes sont moins surpeuplées que celles de piano ou de violon. Dans la salle des Catherinettes Laure, 9 ans et demi, nattes sages, attend son tour. Elle fait partie des 17 élèves de la classe de basson d’Alain Deleurence au conservatoire de Colmar. Elle joue depuis trois ans. « Je voulais faire du violon. Je suis tombé sur le basson par hasard, et ça m’a plu », dit la fillette, qui aimerait en faire son métier plus tard.

« Un instrument caméléon »

Tous les ans, l’école de musique organise une journée portes ouvertes de découverte. « Elle est restée scotchée devant la classe de basson », dit la maman. Le prof n’est pas étonné : « Le basson est un instrument adaptable, un instrument caméléon. On peut le faire pleurer, jouer des choses gaies ou mélancoliques, être dans la lumière ou dans l’ombre. Pensez à la musique baroque, au Boléro de Ravel, au grand-père dans Pierre et le Loup de Prokofiev. Il est très proche de la voix, on parle quasiment dedans. Les enfants sont sensibles au basson sentimental ».

Pas trop dur de maîtriser ce grand tube de bois de 2,50 m, quand on est haut comme trois pommes ? « La taille de l’instrument n’est pas un handicap. Il en existe des plus petits pour les débutants. Le basson ne demande pas de force physique, ni un souffle extraordinaire. Mais en jouer exige finesse et subtilité. On est toujours sur le fil du rasoir », explique Alain Deleurence.

Colmar a participé à 11 des 12 éditions du concours national « Jeunes Vents Bassons », et a obtenu « beaucoup de récompenses ». Cette année, l’École de musique présente dix candidats sur les 98 engagés dans cette compétition nationale, qui attire beaucoup de monde. Le basson offre des débouchés. « En 20 ans d’enseignement, 10 élèves sont devenus professionnels : musiciens d’orchestre, soliste ou professeur », note Alain Deleurence.

Colmar, capitale nationale du basson, dédie un répertoire de choix à cet instrument expressif, mais mal connu. Ce soir à 20 h 30, lors du concert de gala, Michel Mugot, spécialiste du basson baroque, interprétera en ouverture sur instrument d’époque, la première sonate écrite pour basson par Bertoli. Un moment rare. L’entrée est libre.