Colmar Aux Catherinettes - Colmar Le basson en lumière


Isabelle Deleurence, soliste de Czardas de Vittorio Monti. PHOTOs DNA-b.fz.


Deux membres (à droite Alain Deleurence, professeur au CRR et coordinateur du concours) du quintette Palissandre. PHOTO DNA-b.fz.

Une salle des Catherinettes comble a servi d’écrin samedi soir au concert de gala organisé en apothéose du 12e concours national "Jeunes vents-bassons" qui s’est déroulé durant trois jours à Colmar.

Communément considéré par l’auditeur-spectateur comme un instrument « marginal » bien qu’indispensable au sein d’une formation symphonique, relégué en fond de scène, loin derrière les cordes, aux côtés d’autres vents et des cuivres, le basson doit sa petite notoriété à quelques œuvres phares du répertoire moderne. À commencer par le Boléro de Ravel. Ou encore pour avoir prêté sa voix au grand-père dans le prokofievien Pierre et le loup. Durant deux tours d’horloge, c’est lui qui a été en lumière, en soliste de trios et de quatuors mais également en grande délégation avec le quintette mono-instrumental Palissandre.

Au cours d’une première partie consacrée exclusivement à la musique baroque, qui est un peu l’ère de lumière de l’instrument, Philippe Piat a été le fer de lance du trio en la-mineur d’Antonio Vivaldi, particulièrement expressif et joyeux dans son deuxième mouvement.

Le combo a donné un enthousiasmant Czardas

Michel Mugot et son basson baroque au diapason 415 ont magnifié l’étonnamment grave Sonata prima de Giovanni Bertoli avec la complicité stylée de Elodie Peudepièce à la contrebasse baroque et d’Estelle Gerthoffert au clavecin. L’ensemble Florescence (et ses deux bassonistes) a donné la Sultane de François Couperin et une sonate de Jean-Marie Leclair.

En seconde partie de concert, c’est en force que le basson s’est posé puisque quatre bassons et un contrebasson composent l’ensemble Palissandre, né au sein du philharmonique de Strasbourg. Après une « gentillesse » de Loeillet jouée avec accompagnement du clavecin, un arrangement sur deux extraits du Requiem de Giuseppe Verdi et des tyroliennes Caricatures de Peter Jansen, le combo a donné un enthousiasmant Czardas de Vittorio Monti avec la complicité d’Isabelle Deleurence au violon avant une bien pesante transcription de l’habituellement aérien Libertango de Piazzola… Une erreur bien vite rattrapée en bis avec la johannstraussienne Marche de Radetzky à laquelle le public s’est rythmiquement invité.